Le mercredi 14 octobre s’est tenue au CERFIG la séance de restitution des travaux de recherche menés par un chercheur accueilli au sein du centre, dans le cadre de sa thèse de doctorat en anthropologie préparée à l’Université Lumière Lyon 2, au Laboratoire d’anthropologie des enjeux contemporains (LADEC) et à l’Unité TransVIHMI de l’IRD, sous la codirection de Michèle Cros et d’Alice Desclaux.
Intitulée « 𝐀̀ 𝐥’𝐞́𝐜𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐚𝐮𝐯𝐞𝐬-𝐬𝐨𝐮𝐫𝐢𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐠𝐞́𝐧𝐢𝐞𝐬. 𝐄𝐱𝐩𝐥𝐨𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐧𝐭𝐡𝐫𝐨𝐩𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐭𝐡𝐨𝐠𝐞̀𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐆𝐮𝐢𝐧𝐞́𝐞 », cette recherche a interrogé la co-construction de la surveillance et de la réponse aux zoonoses à travers l’intégration des savoirs locaux.
S’appuyant sur une enquête ethnographique menée dans un village peul de la région de Kindia, la présentation s’est articulée autour de trois axes majeurs :
     – Les cohabitations avec les chauves-souris et les convergences acoustiques entre les récits locaux liés à un serpent-génie et les vocalisations de l’espèce Hypsignathus monstrosus (associée à l’écologie du virus Ebola) ;
     – Les représentations entourant un oiseau-génie mobilisé dans les pratiques de chasse et de sorcellerie, historiquement relié à de grandes endémies comme la trypanosomiase ou l’anthrax ;
     – Les impacts écologiques et sanitaires liés à l’implantation des barrages de Kaléta et Souapiti, articulés autour des bouleversements des écosystèmes et des mondes invisibles.
Ces travaux ont permis de souligner la place déterminante des relations avec les génies dans la conceptualisation du risque infectieux en Guinée, invitant ainsi la communauté scientifique à un regard critique et constructif sur l’approche One Health.
Le CERFIG adresse ses sincères remerciements et ses félicitations au chercheur pour la rigueur de ses travaux et la grande qualité de cette restitution, tout en saluant les contributions enrichissantes de l’ensemble des participants présents sur place et en ligne.